Le Boudoir de Jane

Au fil des rumeurs de mon corps...

27 novembre 2008

Rivers & Tides

Ce pourrait être l'expression d'une humeur.

- "How are you feeling today ?"

- "Rivers & Tides"

Et ça dirait tout.

En va-et-vient, intense, doux comme le bruit des vagues, profond comme la mer, puissant comme les marées et lunaire.

Je ne sais pas d'où m'est venue l'idée de visionner ce documentaire "Rivers & Tides" mais je suppose que j'ai pêché l'idée chez Wilyrah. Je ne vois pas autrement. Et, si c'est bien le cas, je lui dois beaucoup.

On y fait un voyage dans l'oeuvre d'Andy Goldsworthy, sculpteur de la nature.

Wood__river

On voit Andy Goldsworthy évoluer en Nouvelle-Ecosse mais aussi en Ecosse, où il réside.

L'Ecosse, terre de mon enfance. Terre sauvage où les promesses de silences sont immenses.

J'ai eu envie d'y retourner, d'y passer du temps : "fare un giro" (faire un tour), la parcourir, humer sa terre, pleurer à la vue de paysages uniques, et me rappeler d'où je viens.

Je viens du Nord et je suis allée m'installer au Sud. Alors en moi se joue une véritable bataille Nord-Sud.

Sur cette terre d'accueil d'Italie, j'aime me dire que je peux : m'arrêter sur le battement d'ailes d'un papillon, sourire et observer le lézard quitter sa place au soleil à mon approche, m'émouvoir d'une tomate qui rougit.

Gros coup de blues de mon côté. Mais chut, c'est un secret.

Et de bênir ces nuits seules que je passe dans mon lit régulièrement pour pouvoir pleurer sans éveiller les soupçons.

Il ne faut pas l'admettre car j'ai "tout pour être heureuse". Il ne l'accepte pas. Ma mère ne l'accepterait pas non plus : car elle n'a jamais écouté les souffrances de l'autre et qu'elle considère que la déprime est la honte des faibles. Alors j'ai honte. Et je ne dis rien. Si j'étais vulgaire et encore une ado je dirais "F*** ma mère".

Il faut dire que lire "La fin est mon commencement" de Tiziano Terzani (que je lis maintenant en italien histoire de pleurer encore une fois à la fin) ne m'a pas aidée. Ou plutôt si. Car la douleur des questions, ces coups de fouet au coeur et à l'esprit sont revitalisants. On tue pour faire renaître.

Il faut dire que j'ai de vrais amis qui me manquent, des amis avec lesquels je vivais des choses uniques.

Parce que le bonheur est subtil et ne se pèse pas à coups de soleil et de temps libre.

Mais je n'ai qu'à me bouger et trouver la même chose à Milan ! Ce n'est pas faute d'essayer. Et on ne remplace pas ceux qu'on aime, désolée.

Posté par MlleJane à 09:57 - Rumeur intérieure - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 septembre 2008

Vide

Alors que Milan se vide de ses habitants et que la plupart des commerçants tirent leur rideau, certains résistent et savourent. Milan au mois d'août.

Les espaces ne sont plus les mêmes, les rumeurs de la ville offrent un semblant de silence étonnant et le temps semble arrêté.

J'en profite pour améliorer ma maîtrise de la langue italienne : "Julia, Le avventure di una criminologa" est vendu en kiosque. Un petit mensuel qui devrait me permettre de grands pas en avant.

Je n'avais pas le droit de lire de "comics" quand j'étais petite, ni même grande d'ailleurs. Un des nombreux préjugés de ma mère. A force de préjugés, je m'aperçois de mon inculture. Je crois que c'est ce qu'il y a de plus dure pour moi : voir d'où je viens et comprendre ma médiocrité.

***

Le mois de septembre arrive avec sa lumière qui se teinte d'automne et je ne me suis pas beaucoup exprimée sur cet espace.

Parfois, tout s'emmêle et on se perd.

Beaucoup d'événements sont venus chambouler mon espace intérieur et je n'arrive pas à me poser.

Je sais aujourd'hui que je garde mon emploi à mi-temps jusqu'à fin décembre ce qui me soulage : je garde une certaine liberté, je travaille au milieu d'italiens, j'apprends d'eux sur le pays, la culture, la langue. Et j'assassine le risque d'une "Housewife" déprime. Bang !

fusil_baril

***

Gomorra. Il est 9h du matin ce dimanche 17/8 et un monde fou fait déjà la queue pour le cinéma. Je ne paye que 3 euros ma place, j'ai débarqué à Paris en pleine pseudo-fête du cinéma sans le savoir. Nous ne sommes pourtant pas nombreux à nous aventurer pour la rencontre violente avec le milieu de la Camorra. Moi, c'est un petit cadeau d'anniversaire que je m'offre avec un peu de retard.

Roberto Saviano est entré dans ma vie ce matin-là et je suis fascinée par cet homme. J'ai l'impression d'avoir 10 ans face à lui alors que je suis plus vieille que lui. Une admiration pour les passionnés.

Per coloro (pour ceux / j'adore ce terme italien, le sentiment de mettre de la couleur dans ce que j'écris) que ça intéresse, il a un site officiel. Et un myspace. Lui au moins il a compris comment ça marche... Moi je rame sur mon espace en me disant qu'un jour j'aurai le déclic et surtout le temps de mieux comprendre.

Et Matteo Garrone a admirablement mis en images le livre de Saviano.

Gamins_perdus Bullet_trace

Les enfants ont pour seul modèle la violence et ils rêvent de faire partie de toute cette agitation même s'ils ne comprennent rien. Ils sont perdus entre leur désir de grandir, leur souhait d'intégrer les gangs et leur vérité d'enfant qui les rend peureux, lucides et horrifiés - humains. Mais un homme n'a pas peur et cette fausse vérité les écrasent de tout son poids pour les entraîner vers une tragédie.

Toni Servillo (acteur principal dans "Les conséquences de l'amour" de Sorrentino) est excellent dans ce rôle de l'entrepreneur aussi sale et dangereux que les déchets qu'il prétend gérer.

D_chets_Man

On navigue entre la cité, les déchets, le monde du textile. Trois univers infiltrés par la Camorra.

Le_Textile

Et on se dit qu'il n'y a pas d'issue possible.

Un incontournable de l'année à mon sens.

And the day went on with nice smiles & soft thoughts...

Posté par MlleJane à 22:01 - Rumeur intérieure - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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15 juillet 2008

Instable ?

Finalement ce sera ici, for better or for worse.

J'espère prendre enfin le temps de conter de l'inutile.

Il fallait le temps de l'installation, de l'adaptation.

Je crois que j'y suis à peu près.

L'envie est forte, le désir pressant.

Mais il y a un mais qui fait obstacle.

Un tout petit mais qui commence à se taire...

Je le vois disparaître au loin.

Enfin.

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Posté par MlleJane à 20:56 - Rumeur intérieure - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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